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  • Hélène Frébault

#ilétaitunefois : premier amour à la fête de la musique

Mis à jour : juil. 6




Il était une fois la fête de la musique.


Une jeune fille de 16 ans se prépare à passer pour la première fois de sa vie la soirée dehors avec ses meilleures amies du lycée et profiter de la fête. Rendez-vous est donné dans le quartier latin, près du lycée, c’est là que tous leurs camarades de classe ont prévu de venir déambuler dans les rues, écouter le groupe des élèves de Terminale, boire des bières et fumer des cigarettes aussi. Notre jeune fille est timide, un peu idéaliste, elle ne boit pas, ne fume pas et travaille bien. Elle se voit comme une intello. Elle est jolie aussi, mais ne s'en rend pas vraiment compte. Elle est amoureuse en secret d’un garçon de sa classe depuis des mois, et hormis dans ses rêves, elle n’a jamais osé passer à l’action en dehors de conversations banales au milieu des copains. Ce soir, c’est le moment ou jamais. La fin de l’année approche et les grandes vacances aussi.


Mais en fait, contre toute attente, c’est lui qui se rapproche. Il s’est assis à côté d’elle sur la marche du parvis et est littéralement au coude à coude, tout en faisant mine de parler avec ses copains. Elle est tétanisée et ne dit rien. A l’intérieur, c’est le feu d’artifice. Son cœur bat à mille à l’heure. Toutes ces heures de cours qu’elle a passées à se demander si ses sentiments étaient réciproques lui reviennent en bloc. Elle se souvient même d’une phrase prononcée par sa professeure de français, proche de la retraite : « profitez bien de vos 16 ans, car c’est l’âge où l’on aime comme on n’aimera qu’une fois dans sa vie ».


Retour à la réalité du moment : qu’est-ce qui lui fait le plus peur ? Que les circonstances ne ressemblent pas à ses rêves, qu’il ait un peu bu pour se donner du courage et ressemble, somme toute, à un lycéen comme les autres ? Qu’elle comprenne enfin que son attirance est réciproque et que son rêve pourrait se réaliser ? Ou que cette fille bouclée de l’autre classe le dévore des yeux pendant qu’il parle ?


Notre jeune fille réalise que c’est le moment où elle devrait faire quelque chose pour montrer son intérêt. N’importe quoi : lui parler, glisser sa main dans la sienne, le regarder peut-être suffirait. Mais non. Rien à faire, elle est paralysée et impuissante. Lui aussi est troublé, c'est évident, mais il est devant ses copains et se la joue cool. Les minutes s'égrènent et semblent durer des heures. Puis il se décourage, se lève, la chance passe et la soirée aussi.


Elle n’en dormira pas de la nuit. Le lendemain, elle apprendra qu’il a embrassé la fille bouclée à la fin de la soirée, et même si l’histoire ne survivra pas la semaine, son rêve d’amour idéal aura disparu. Ses parents ne comprendront pas pourquoi elle tombera malade ce weekend-là, ses copines non plus. Puis cela passera. Elle enfouira l’histoire définitivement et, même si elle reverra le garçon de nombreuses fois par la suite, au retour des vacances, le charme sera brisé et il ne se passera jamais rien entre eux.


Que dirais-je à cette jeune fille en tant que coach ? D’abord, il ne fait aucun doute que ses sentiments étaient réciproques et qu’elle aurait vraiment pu, dû passer à l’action, sans même attendre ce jour fatidique où l'enjeu était devenu trop fort. Nos deux tourtereaux avaient passé des mois à se regarder en catimini dans tous les cours, et je ne serais pas étonnée si les mots de la prof de français avaient été dits à leur intention (on remarque bien des choses depuis une estrade). Ensuite, je lui dirais que rêver, c’est bien, mais s’intéresser à la vraie personne et l’aimer avec ses qualités et ses défauts, c’est bien mieux ! Boire une bière, fumer une cigarette et être maladroit à 17 ans, c’est juste normal. Je lui dirais enfin qu’heureusement, ce n'est pas la fin du monde d’avoir manqué cette histoire, et que si cela ne s'est pas fait, c'est que cela ne devait pas se faire 😉


Cette jeune fille, c’était moi. L’histoire se déroule en 1991, et je réalise avec un petit sourire nostalgique que je fête aujourd’hui les 30 ans de mon premier grand chagrin d’amour. Pour l'occasion, j'ai ressorti mon journal intime de l'époque (oui je l'ai toujours) pour confronter mes souvenirs au récit que j'en avais fait à l'époque.


J’ai appris ce jour-là qu’il suffit de peu de chose pour commencer une belle histoire ou passer à côté. A partir de ce jour, je me suis promis - autant que possible - de ne plus laisser passer ma chance en amour. Je ferai d'autres erreurs, mais plus celle-ci. Et aujourd'hui, je sais qu'heureusement, nous n’avons pas qu’une seule chance dans la vie ! Il n'est jamais trop tard pour trouver son bonheur.


Et vous, vous souvenez-vous de votre premier chagrin d’amour ? Qu’en avez-vous retenu ?

Racontez-moi en message :)




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